Aimer et Servir, une autre vision du leadership

Qu’est-ce que le leadership ? Qu’est-ce qu’être un bon dirigeant ? Qu’est-ce qu’être un bon manager ? Voilà une question déjà débattue tant et tant de fois. Rémi Tremblay, ex CEO d’Adecco Canada, y apporte une réponse vivifiante en 3 mots : « Aimer et Servir ». Il nous guide dans notre introspection pour devenir un meilleur leader.

Lavement des pieds

A 22 ans Rémi Tremblay fonde Adecco Québec. Pour démarrer ils étaient deux. Dix ans plus tard, Adecco Canada dont il était le CEO comptait 11.000 personnes. Lorsqu’il quitte Adecco Canada fin 2004, il fonde La Maison des Leaders avec cette conviction que pour devenir un meilleur leader, il faut surtout devenir un meilleur humain.

Perte de sens

Il explique comment au départ l’attention de l’entreprise (Adecco) était concentrée sur le fait de servir et d’aider au mieux les chercheurs d’emploi au Québec. Ensuite, sous la pression de consultants externes portant comme message qu’une entreprise est faite pour croitre et générer des profits, leur attention s’est déplacée des personnes vers le désir de croître et de générer toujours plus de profits.

« Quand nous sommes devenus numéro 1 au Québec, je me suis posé la question : pour qui, pour quoi ? »

Les consultants le poussaient à « l’amélioration continue ». Mais « continuer à améliorer des modèles qui n’ont plus de sens, c’est juste être plus efficace à ne pas faire sens ».

Il avait trouvé le succès et perdu le sens. Ces années de succès, il les appelle aujourd’hui ses années d’égarement.

Focus bonheur

Quand il en a pris conscience il a décidé avec son équipe de remettre le focus de l’entreprise sur « le désir de servir, d’être là pour les autres, pour nos clients pour que finalement nous soyons heureux ensemble ». La seule chose qui préoccupe fondamentalement l’être humain, c’est d’être heureux. Le problème, c’est que la plupart du temps, nous nous trompons de stratégie, nous partons du principe que le bonheur est conditionnel et nous faisons la liste des conditions qui s’appliquent pour nous : « Je serai heureux quand…. j’aurai ma maison … je serai marié … je serai pensionné … j’aurai ma nouvelle voiture … j’aurai un meilleur salaire…mes enfants auront réussis leurs études… ». Pour atteindre ces conditions, nous empruntons des chemins pénibles, de compétition, de contraintes, qui nous éloignent de celui que nous sommes profondément… Que ne ferait-on pas pour être heureux ?

Le bonheur est tellement plus simple que toutes les stratégies : le seul moment pour être heureux c’est maintenant. Il n’y a pas de bonheur conditionnel, il n’y a que le moment présent et ce que j’en fais. Je peux l’accueillir, le recevoir, le goûter, le déguster, le laisser me grandir ou le violenter en lui imposant une marche forcée vers mes chimères.

Décider en fonction d’un plus grand bonheur pour un plus grand nombre

Lorsque Rémi Tremblay a pris conscience de cela, au lieu que lui et son équipe prennent leurs décisions en fonction de la croissance et des profits, ils les ont prises en fonction d’un plus grand bonheur pour un plus grand nombre.

« Comme par hasard, le jour où notre attention est revenue sur les personnes et non plus sur la croissance, la croissance fut deux fois plus au rendez-vous. »

Sur quoi plaçons-nous notre attention ?

Prenez une minute pour répondre à cette question. C’est la clé vers le bonheur et une plus grande joie.

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Rémi Tremblay, ex CEO d’Adecco Canada, fondateur de La Maison des Leaders

Pour entrer dans cette voie de la recherche du bonheur pour un plus grand nombre, Rémi Tremblay nous invite à changer deux croyances.

Croyance darwinienne

La première est celle de Darwin, à savoir que seuls les plus forts survivent, la loi de la sélection naturelle. Dès l’époque de Darwin la communauté scientifique savait qu’il s’agissait d’une erreur. En réalité, ce qui permet aux espèces de survivre, ce n’est pas leur supériorité, mais leur capacité à s’adapter, à prendre soin les uns des autres et à être solidaires. Bien que cette erreur soit connue, nous continuons à porter cette croyance darwinienne profondément en nous : pour « survivre », il faut être le meilleur, le premier, le plus fort, dépasser les autres. L’éducation de nos enfants dans nos familles et nos écoles est encore souvent baignée par cette pensée. Cette croyance nous fait vivre dans la survie, plutôt que dans la vie.

Rémi Tremblay nous invite à changer de croyance, à comprendre enfin que notre travail est de nous adapter à ce qui se passe autour de nous et à être solidaires les uns des autres. Plus de concurrence, plus de compétition, il ne reste plus que « comment pouvons-nous travailler ensemble et mieux servir ».

Croyance du leader

La seconde croyance concerne le rôle du leader. A quoi sert-il ? Nous avons tous notre point de vue sur cette question. Ce point de vue, cette croyance sur notre leadership, le définit, l’oriente. Ce que nous croyons nous dicte nos comportements. La plupart du temps nous n’en sommes pas conscients. C’est pourquoi, en tant que dirigeant, prendre conscience de mes croyances relatives à mon rôle, est une étape essentielle pour évoluer vers plus de sens et de profondeur.

Pour aborder la question du rôle du leader, Rémi Tremblay raconte sa rencontre avec le Roi des Mossis au Burkina Fasso, un roi très apprécié et respecté par les siens.

Quel est le travail d’un roi ?

C’est d’aider chacun de ces sujets à devenir ce qu’il est.

Quelles sont les qualités humaines qu’il faut pour être un bon roi ?

L’écoute, l’écoute, l’écoute.

Le job du leader est double :

  • Etre bien dans sa peau (lorsque je ne suis pas bien dans ma peau, que je me sens mal, je ne peux pas prendre les bonnes décisions) ;
  • Aimer ses collaborateurs.

Aimer ou se faire aimer ?

Souvent nous cherchons à être aimé, par nos proches, nos collaborateurs, nos clients… C’est dur de se faire aimer. Cela ne dépend pas que de nous et puis cela nous pousse à faire des grimaces, à essayer de plaire, à ne plus être vraiment nous-mêmes. Et si j’arrêtais de chercher à être aimé pour me mettre simplement à aimer ceux qui m’entourent tout en devenant toujours davantage moi-même ? Soyons vigilants aux moments où nous basculons dans le désir d’être aimé, c’est le moment où nous nous éloignons de nous-mêmes et par conséquent c’est aussi le moment où notre capacité à aimer vraiment se réduit.

Venir au monde à soi-même

Le travail est par excellence le lieu où je peux venir au monde à moi-même or il est trop souvent le lieu où je meurs à moi-même.

Alors j’invite les dirigeants à oser créer l’entreprise dont ils ont envie. La croyance qui me porte est qu’il y a en tout dirigeant un désir et un élan profond à participer à la création d’un monde meilleur.

N’écoutez pas ceux qui flattent votre égo, vous poussent à briller. Laissez-vous inspirer, mais surtout écoutez-vous de l’intérieur. N’essayez pas de reproduire le modèle de tel ou tel grand leader que vous admirez, au pire vous seriez une caricature ridicule, au mieux une copie. Vous avez tellement plus à apporter au monde à partir de ce que vous avez en vous. N’essayez pas d’être une autre version de tel ou tel grand patron, mais soyez la meilleure version de vous-même, celle qui est enracinée au cœur de votre cœur, celle qui est unique, celle que vous êtes seul à pouvoir offrir.

Alors, être un bon dirigeant, un bon manager, c’est quoi ? C’est simple, il suffit d’

« Aimer et Servir ».

Rémi Tremblay, la Maison des Leaders.

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Que votre vie soit belle,

Pierre

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