Comment dire non plus facilement

Pas facile de dire non. A cause de tous mes oui, mes journées sont toujours trop courtes, toujours plus stressantes et de moins en moins épanouissantes. Dans cet article vous découvrirez 5 clés pour dire non avec aisance.

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Dessin de Sophie Anfray – www.sophie-anfray.fr

Le stress que nous vivons trop souvent au quotidien est causé par le fait que nous avons consciemment ou non l’impression que nous ne serons pas capables de faire face à ce qui est attendu de nous ou mieux, à ce que nous croyons être attendu de nous. Une des causes de ce problème est tout simplement que, incapables de dire non, nous chargeons trop notre brouette. Chaque nouveau oui est prononcé automatiquement, comme si c’était une évidence, comme si c’était le seul choix possible. Chaque oui nous enfonce davantage.

Comment s’en sortir ?

Chaque oui est aussi un non

Je vous invite à prendre conscience que chaque oui que je donne à quelqu’un qui me demande quelque chose, est aussi un non à d’autres personnes qui ne m’ont rien demandé et qui souvent comptent beaucoup plus pour moi. En effet, lorsque mon patron me demande de rester deux heures de plus ce soir au bureau et que j’accepte, je dis non à mon conjoint ou mes enfants avec qui je passerai deux heures de moins ce soir-là. Si je dis oui à cette personne qui me demande de prendre en charge une activité samedi après-midi, je dis non à celles et ceux qui comptaient sur moi ce samedi après-midi. Ce que je veux mettre en évidence ici c’est qu’en croyant être bon, généreux, engagé par mes oui à toute demande, je ne le suis peut-être pas autant que cela et pour des personnes qui comptent beaucoup plus pour moi et qui ne m’ont rien demandé.

J’ai toujours le choix

J’ai à prendre conscience que j’ai toujours le choix. Si je vis dans les « je dois » et les « il faut », si je dis toujours oui « parce qu’il le faut bien », je me victimise. Il est très difficile de vivre dans la joie et la gratitude quelque chose qui m’est imposé. Tout ce que je fais par obligation, je ne peux pas le faire dans l’amour. Ce que je fais par obligation, je le fais toujours payer à quelqu’un, souvent à mes proches en râlant, parfois à moi-même. A ce sujet je vous invite à lire un des premiers articles écrits après avoir changé de vie « J’ai toujours le choix ». Ce fut pour moi une découverte majeure et le début d’un changement profond.

Vous n’avez donc jamais l’obligation de dire oui. Reprenez votre pouvoir. Dire oui est un choix, votre choix, un choix à faire en toute conscience. Que votre oui, soit un vrai oui, un oui du cœur.

Faire une pause, clarifier et décider

Un moyen très efficace pour arriver à dire non est de ne plus répondre instinctivement. La plupart d’entre nous avons en nous le désir d’être aimé et la perception inconsciente que si je dis non, je serai rejeté. Je me mets aussi à imaginer tout ce que l’autre va penser de moi si je dis non, tout ce qu’il pourrait faire contre moi, si je n’accède pas immédiatement à sa demande. Mon instinct me pousse donc naturellement à dire oui, non pas par amour, mais pour être aimé ou pour éviter des dangers tout à fait imaginaires. Le problème c’est que la partie de mon cerveau qui gère ces automatismes est beaucoup plus rapide que mon néocortex, la partie consciente de mon cerveau. Nous avons tous de nombreuses expériences de moment où nous avons dit oui, par habitude, par instinct, et que, quelques secondes plus tard, alors que la personne qui nous a fait cette demande vient de tourner le dos ou que nous venons de raccrocher le téléphone, nous regrettons amèrement notre oui, mais c’est trop tard…j’ai dit oui.

Pour éviter cela, il va nous falloir remplacer cette habitude de dire oui, par une nouvelle habitude : marquer une pause. A chaque fois que quelqu’un me demande quelque chose, la première chose à faire, c’est de ne rien faire, de marquer une pause, de s’arrêter pour bloquer la machine à dire oui et reprendre le contrôle avec votre néocortex, votre cerveau conscient. Ensuite vous clarifierez la situation en posant des questions pour pouvoir décider en toute connaissance de cause et en toute liberté, non pas automatiquement, si vous désirez dire oui ou non. Pour clarifier la situation vous poserez des questions du type :

 – « Qui d’autre peut s’en charger ? »

– « Pour quand cela doit-il être fait ? »

– « Qu’est-ce qui se passe si ce n’est pas fait ? »

 – …

Une version plus radicale de cette approche, c’est de décider de d’abord dire non. Décider, qu’à priori, votre réponse sera non et qu’en suite vous vous donnerez le temps de réfléchir en conscience pour savoir s’il est juste pour vous et vos proches de dire oui.

S’exercer

Pour créer de nouveaux automatismes, il faut pratiquer, s’exercer. Non pas 4 ou 5 fois, mais 60 à 90 fois pour que cette nouvelle pratique devienne un automatisme. Cherchez donc quelqu’un qui a le même problème que vous, qui n’arrive pas à dire non et exercez-vous a deux en vous demandant des choses que le partenaire refusera avec un non ferme sans aucune justification.

Tu viens prendre un café avec moi ?

Non.

ou encore…

Tu veux bien relire le rapport que je viens d’écrire ?

Non.

Vous trouverez facilement d’autres exemples pour vous envoyer des non à la figure. Au début, cet exercice sera difficile, vous aurez l’impression d’être impoli(e), brutal(e), antipathique. Pensez à celles et ceux que vous aimez : vos enfants, votre conjoint, vos amis. Ils ont le droit d’avoir un papa, une maman, un mari, une épouse, une amie, un ami déstressés, détendus, disponibles et à l’écoute. C’est pour eux que vous dites non. Vous verrez, cela vous aidera à briser ce mur qui vous empêche de dire non.

Préparer des non qui vous conviennent

L’exercice précédent est destiné à briser vos chaines, à défoncer le mur qui vous enferme et vous empêche de dire non. Dans la vraie vie, vous direz non en y mettant des formes. Alors pour éviter d’être pris au dépourvu, préparer à l’avance vos réponses, toujours après avoir marqué une pause.

Vous pouvez par exemple commencez par exprimer votre envie, bien réelle, de dire oui et expliquer ensuite pourquoi c’est non.

« Je voudrais vraiment pouvoir t’aider, mais ma fille compte sur moi ce soir pour ses leçons. »

« J’aurais beaucoup aimé venir chez vous ce weekend, mais j’ai déjà d’autres engagements. »

Il n’est pas nécessaire d’expliquer dans le détail vos engagements. Être père ou mère, être en couple est un engagement de donner de son temps pour celles et ceux que nous aimons. Cet engagement ne nécessite aucune justification.

Si au début, il vous est trop difficile de dire non tout de suite, préparez une réponse différée du genre :

« Je vais voir si c’est possible, je te donne ma réponse sans faute pour ce soir. »

Il n’est pas possible de vivre votre vie sans savoir dire non. La bonne nouvelle, c’est que dire non est tout simplement une compétence qui s’acquiert comme toutes les autres. Alors, si vos oui forcés ou irréfléchis vous pourrissent la vie, exercez-vous à dire non dès aujourd’hui. Si cela reste difficile, faites vous coacher.

Cet article vous a plu ? Likez-le et partagez-le avec ceux à qui vous voulez du bien. Il vous pose question ? Vous avez un autre point de vue ? Vous avez une expérience à partager ? Ecrivez-le dans les commentaires. Je vous répondrai sans tarder.

Que votre vie soit belle,

Pierre

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