Soyez sérieux : amusez-vous !

Si au lieu de partir du principe que le travail était une obligation souvent pénible, nous décidions de prendre du plaisir en travaillant. Qu’est-ce que cela donnerait ? Cet article vous propose de creuser ce sujet beaucoup plus sérieux qu’il n’y parait.

« Si vous ne vous amusez pas en travaillant,
votre productivité est loin en dessous de son potentiel. »

Si j’étais un blogueur sérieux, je devrais insérer ici une référence vers une ou deux études scientifiques démontrant ce que je viens d’affirmer ci-dessus. Je vous avoue que je n’ai pas pris la peine de rechercher cette étude. Vous serez donc seul juge de la pertinence de cette phrase.  Mais sérieusement, il ne faut pas avoir fait des enquêtes sur des milliers de personnes pour se rendre à l’évidence : ce que je fais avec le sourire et avec plaisir, je le fais vite et bien.

La question qui se pose n’est donc plus de savoir s’il faut s’amuser ou non au bureau, mais plutôt de trouver comment faire pour prendre du plaisir en travaillant. Je vous propose deux approches : la première dépendra de l’entreprise et la seconde de la personne elle-même. Ensuite, j’aborderai la question suivante : « Comment gérer mes inquiétudes de manager quand je vois mes collaborateurs s’amuser ? »

Créer un environnement agréable et facilitant la détente

C’est l’approche la plus rependue. Elle est particulièrement appréciée par les générations Y et Z.

L’idée est que le collaborateur soit heureux de retrouver cet environnement parce qu’il est agréable, lumineux, qu’il permet à la fois de vivre des choses ensemble et d’avoir des lieux de calme, de réflexion ou de détente.

Des grandes entreprises comme Google se sont fait remarquer par leur capacité à créer ce type d’environnement. Les incubateurs et autres pépinières pour startups sont souvent également aménagés dans cet esprit. C’est un environnement de bureau entre un living, une salle de méditation, un jardin botanique et une salle des jeux. Certaines entreprises iront encore plus loin en faisant intervenir un clown, en proposant des massages et autres surprises pour détendre l’atmosphère, booster la créativité, réduire le stress… Etant coach et formateur, mais certainement pas architecte d’intérieur, je n’ai pas de conseils à vous partager dans ce domaine, si ce n’est d’être attentifs à la présence de zones de calme, de silence et même d’isolement pour que chacun trouve l’environnement qui lui convient. En effet, si certains travaillent mieux dans le bruit ou avec de la musique, pour d’autres, le calme et le silence sont indispensables.

Je décide de m’amuser au boulot

La seconde approche que j’aborderai dans cet article ne dépend que du collaborateur lui-même. Commençons en remettant en question une de nos croyances :

« Le travail c’est du sérieux et s’amuser ce n’est pas sérieux,
donc travailler en s’amusant ce n’est pas possible. « 

A cela je répondrai que beaucoup de choses sont sérieuses dans la vie : manger, faire du sport, s’occuper des enfants, apprendre, faire des enfants… et pourtant j’espère que vous faites toutes ces choses en y prenant du plaisir… Alors pourquoi ne serait-il pas sérieux de s’amuser en travaillant ?

En tant que « travailleur » je décide que je veux et que je vais prendre du plaisir en travaillant. C’est un état d’esprit.  Comme je peux décider de faire la vaisselle en râlant ou en m’amusant, c’est mon choix (conscient ou non), je peux également décider de travailler en râlant, en attendant que cela passe ou … en m’amusant.

Si je n’y réfléchis pas, c’est mon état d’esprit habituel qui prend le dessus alimenté par les circonstances du moment. Si je suis quelqu’un de plutôt positif et joyeux et que la journée se passe normalement je vais inconsciemment (sans l’avoir décidé) passer une bonne journée. Par contre, si j’ai l’habitude (inconsciente) de me plaindre souvent, ma météo intérieure va se dégrader à la moindre contrariété et mes plaintes vont encore venir assombrir cette grisaille qui m’habite.

La première étape est de prendre conscience de mon état d’esprit : est-il positif, ouvert à tout ce qui m’est offert ou est-il plutôt neutre (temps gris…) ou carrément négatif (temps à la plainte) ? Je vous propose de suspendre votre lecture et de prendre quelques secondes pour répondre à cette question.

Si votre réponse est que votre météo interne est naturellement ensoleillée, vous avez de la chance, surtout ne changez rien. Si votre constat est que le temps est plutôt nuageux ou carrément orageux, prenez conscience que le soleil est toujours présent même s’il est caché par les nuages et que cette situation est donc provisoire. Vous avez le choix de favoriser la dissipation de ces nuages ou de vous y accrocher. Je ne dis pas que c’est facile. Comment faire ? En étant attentif tout au long de vos journées à votre état d’esprit. A chaque fois que vous vous surprenez dans la plainte en train de subir la vie, changez cela : cherchez et donc trouvez ce qu’il y a de beau, d’amusant, d’intéressant, d’enrichissant dans ce que vous êtes en train de vivre.

Il y a quelques mois, je venais d’élaguer les 8 saules pleureurs dans le jardin. Le temps était gris et humide, la terre était boueuse. Il me fallait maintenant ramasser ces centaines de branches qui jonchaient le sol. J’en avais pour au moins 2 heures et je râlais intérieurement de devoir faire ce travail qui ne présentait pour moi aucun intérêt. Après un quart d’heure de travail dans cet état d’esprit, je me suis rappelé un de mes mantras :

« Le seul moment pour être heureux c’est maintenant ! »

J’ai simplement pris conscience que j’étais en train de gaspiller un moment de bonheur qui m’étais offert là, dans l’instant présent. J’ai commencé à changer mon état d’esprit en goutant le contact de mes mains avec le sol froid, en ressentant comme un bienfait la fraicheur sur mon visage, en me reliant à la nature qui m’entourait, en prenant plaisir à laisser mon esprit vagabonder tout en ramassant ces branches… Les deux heures sont passées très vite et je suis rentré chez moi après ce que j’appelais avant « la corvée annuelle des saules », rempli d’une joie profonde et paisible. J’avais fait un choix.

Essayez !

Un outil simple qui peut vous aider à prendre conscience de façon régulière de votre état d’esprit sont les applications « Gong » téléchargeables sur votre téléphone. Faites-la sonner ou vibrer à intervalle régulier, par exemple une fois toutes les deux heures. A chaque fois que le gong sonne, réajuster votre état d’esprit pour goutter pleinement la vie et recevoir cet instant présent comme un cadeau sans cesse renouvelé.

Comment gérer mes inquiétudes de patron(ne) quand je vois mes collaborateurs s’amuser…

En tant que dirigeant(e), quand je vois mes collaborateurs s’amuser, j’ai parfois la désagréable impression qu’ils ne foutent rien et l’envie pressante de leur dire « bon les gars, fini la récré, il est temps de bosser ! ».

Certains s’amusent pendant les heures de travail et cela inquiète le patron…

Cette approche renforce la croyance du travail qui ne peut être que sérieux et donc chi…t.  Avec la génération Z, ce besoin de contrôler comment les collaborateurs passent leur temps deviendra de moins en moins acceptable et efficace. Voilà une bonne nouvelle, car s’il y a bien une chose pénible en tant que manager, c’est ce type de contrôle. Mais alors, comment s’assurer que le travail soit fait ? Il vous suffit de ne vous occuper que du résultat et surtout pas du comment. Si le résultat n’y est pas ou qu’il met trop de temps à arriver, discuter en avec votre collaborateur et voyez avec lui comment il va s’organiser pour atteindre le niveau de contribution qui est attendu de lui. Surtout ne lui dites pas comment il doit faire, mais demandez-lui comment il va le faire. C’est à lui de trouver les solutions qui lui conviennent. Les solutions que vous vous appliquez à vous-mêmes seront plus que probablement peu efficaces pour lui. Par votre questionnement, aidez-le à trouver sa méthode. Je ne vous dis pas de réduire votre niveau d’exigence du point de vue du résultat, mais surtout laisser le entièrement libre sur le comment y arriver tout en lui proposant votre aide s’il en a besoin. Responsabiliser-le sur le comment et inviter-le à prendre plaisir dans tout ce qu’il fait.

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Vous êtes dirigeant et l’ambiance dans vos équipes n’est pas vraiment au top ? Contactez-nous.

Et surtout, soyez sérieux : amusez-vous !

Pierre

Des liens pour aller plus loin :

Photos dans l’ordre d’apparition : Stefan Keller, Alexandra, anonyme, Skeeze

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