Devenir Dieu…

Voici un article présomptueux. J’assume. J’invoque donc votre bienveillance qui me permet de vous partager ce que j’ai dans le cœur et dans la tête. Bonne lecture…

Nous vivons une crise violente au milieu d’une série de crises latentes. La première est impressionnante, mais les autres sont beaucoup plus profondes. Le Corona Virus a fortement bousculé nos vies ces derniers mois. Il a forcé la plupart d’entre nous à nous arrêter alors que, pour d’autres, il a déclenché une course contre la montre des plus stressantes.

Je ne peux m’empêcher de voir dans cette crise comme un électro-choc, une tentative de nous éveiller, d’ouvrir nos consciences à l’essentiel à côté duquel nos vies effrénées d’avant le Corona nous ont souvent fait passer. Il y a bien sûr la crise climatique ou plus largement le « défi » écologique, la pauvreté qui résonne comme un scandale souvent pointé du doigt, mais toujours pas résolu, les guerres et le terrorisme alimentés par des politiques internationales guidées par des intérêts particuliers, les inégalités grandissantes… et, sous-jacent à toutes ces crises, la crise du sens, probablement la mère de toutes les crises. Si le corona virus ne sera dans quelques années qu’un souvenir, qu’en sera-t-il des autres crises que nous sommes jusqu’à présent incapables de résoudre ?

Commençons par le sens…

Je suis chrétien. Enfin, j’essaye de l’être. Parmi les lecteurs de notre blog, les chrétiens sont probablement minoritaires.  J’espère que ceux qui ne le sont pas ne m’en voudront pas de partager ici quelque chose qui touche ma foi et qui, je le pense, nourrira aussi leurs réflexions. Comme je ne peux attendre votre réponse, je me lance.

En tant que chrétien, le sens de mon humanité m’est donné et ce sens c’est de devenir Dieu. Tout simplement. Vous allez me dire que vous en connaissez beaucoup qui se prennent pour Dieu, et que le résultat est assez inquiétant. Je vous rassure, je ne me prends pas pour Dieu et je ne suis pas prêt de le faire, par contre, je veux répondre à l’appel de ce Dieu qui veut m‘associer à sa vie, ce Dieu qui me veut un, lui en moi et moi en lui.

Dans cet appel à partager la vie de Dieu, tout dépend du dieu que je veux suivre. Si je m’imagine Dieu comme tout puissant, juge suprême, comptable du bien et du mal, capable de tout, contrôlant tout, récompensant « les bons » et punissant « les mauvais », je risque de devenir très dangereux. Tant que personne ne vote pour moi, ce n’est pas trop grave.

Qui peut dire qu’il connait Dieu ? Personnellement, si je suis chrétien, c’est qu’un homme, il y a près de 2000 ans a parlé de Dieu et surtout, il l’a manifesté au travers de sa propre vie. Ce Dieu que je veux suivre, c’est celui-là. Il n’est pas tout puissant, il n’est pas le juge suprême, il ne punit pas : il n’est qu’amour.

Il n’est qu’amour

Et comme dit François Varillon (Jésuite auteur de nombreux livres sur la foi chrétienne), tout est dit dans ce « ne que ». Dieu n’est qu’amour, il n’est rien d’autre. A partir de cet Amour, je peux décliner à nouveau les qualificatifs de Dieu : l’amour est tout puissant, l’amour peut tout, l’amour pardonne et libère (c’est la façon dont Dieu juge), l’amour se donne, l’amour illumine, l’amour réchauffe, l’amour transforme, l’amour guérit… Devenir Dieu, c’est donc n’être plus qu’amour, lâcher tout ce qui n’est pas l’amour, se donner gratuitement et accueillir l’autre tel qu’il est sans vouloir le changer : se poser la question à tout moment « que ferait l’amour maintenant ? » et oser le faire ! C’est un chemin, un cap qui est probablement au-delà de mes propres forces, mais que je veux suivre.

Le sens, c’est l’amour

Que nous soyons chrétiens ou non, je pense que nous pouvons tous ressentir au plus profond de nous, au cœur de notre cœur, cet appel à l’amour, au don de soi et à accueil de l’autre qui nous unit les uns aux autres pour ne plus être qu’un.

Les crises latentes

A l’invitation de Simon Sinek (« Start with Why »), j’ai voulu commencer par le sens. Revenons dès lors à nos autres crises. Maintenant que la crise du sens est résolue 😉, maintenant que nous avons le cap (suivre les chemins de l’amour), il nous faut revenir sur terre et s’attaquer, avec amour, à résoudre les défis climatiques, les inégalités, les injustices, la paix dans le monde… Quel programme !

Avant de vous proposer ma solution, je vous invite à faire quelques constats :

  • Déplorer, se plaindre, critiquer ne sert à rien et ne change rien (en positif). Cela fait des siècles que nous sommes des millions à pratiquer cette approche et rien ne change. Je vous propose donc d’arrêter dès aujourd’hui.
  • Essayer de changer l’autre ne fonctionne pas. Si vous êtes marié depuis de nombreuses années c’est probablement une évidence pour vous. Vouloir changer l’autre est violent, c’est le contraire de l’amour qui est l’accueil de l’autre tel qu’il est, sans vouloir le changer. Sinon, ce n’est pas l’autre que j’aime, c’est l’image idéale (selon moi) que j’ai de lui/d’elle. Ici aussi, je vous invite dès aujourd’hui à ne plus essayer de changer les autres.
  • La seule personne que je puisse changer efficacement, c’est moi. A moins de n’être déjà qu’amour, je vous invite à poursuivre sur ce chemin-là.
  • Quand je change, les autres changent. La systémique nous apprend que dès qu’un élément du système évolue, tout le système change et s’adapte pour trouver un nouvel équilibre. En travaillant à ma propre transformation, je transforme également ceux qui m’entourent.

A partir de ces 4 constats, la solution aux différentes crises de notre temps apparait dans toute sa simplicité (je ne dis pas facilité) : pour relever les défis de notre temps, la solution c’est de me changer, de me transformer en tenant le cap, en gardant le sens.

M’enraciner dans l’amour et changer ma vie

Comment changer ma vie ?

Nous sommes tous tiraillés entre d’une part notre égo, nos désirs d’avoir et de pouvoir et d’autre part notre être profond, celui ou celle que nous sommes vraiment, cet être unique et irremplaçable. Le changement auquel je vous invite c’est de devenir toujours davantage vous-même, de vous libérer toujours davantage de tout ce qui vous empêche d’être vous-même, toutes vos attitudes, vos comportements, vos pensées qui ne sont pas vous.

Devenir toujours davantage qui je suis

Vous êtes un trésor, une mine d’or, un diamant. Déterrez ce trésor trop souvent caché, dégagez votre mine d’or enfouie sous les gravats et les blessures de la vie, taillez ce diamant qui est au cœur de votre cœur. Non pas pour vous-mêmes, mais par amour, pour devenir ce don pour l’autre et pour notre monde. Si vous le souhaitez profondément en vous, vous trouverez votre voie.

Et concrètement, cela se passe comment ?

Il y a autant de chemins qu’il y a d’humains. Chacun a le sien et c’est donc à vous de découvrir le vôtre. Je voudrais cependant vous donner quelques outils pour vous aider à cheminer :

  • Soyez connecté, non pas à FaceBook, Twitter ou Netflix, mais à votre cœur. Que ce soit par la méditation, le silence ou la prière, mettez vous à l’écoute de ce que votre cœur vous murmure au fil des jours. Le chemin est en vous.
  • Osez. A l’écoute de votre cœur, vous ressentirez le besoin d’oser des choses inhabituelles pour vous :  dites ce que vous pensez, ce que vous ressentez, quittez les rails, quittez votre fauteuil, votre zone de confort. Pour vivre pleinement il faut se lever. (voir aussi l’article « Oser »)
  • Accueillez l’échec. Quand j’ose, il m’arrive de tomber. C’est normal, cela fait partie du chemin. Ces chutes, à condition que je me relève, sont source de vie, de découvertes, d’éveil. Cette pandémie, par exemple, peut être vécue comme un immense échec ou comme une école extraordinaire. Si nous le voulons, nous pouvons apprendre plus de ces quelques mois de confinement que des décennies de croissance économique qui nous précèdent. A chacun de décider et d’ajuster son regard.
  • Identifiez votre joie. Nous connaissons tous des moments de joie plus intenses. Cette joie est comme un témoin vert sur votre tableau de bord : elle vous indique que vous êtes sur le bon chemin. Quand vous la ressentez, identifiez ce qui se passe, le pourquoi, la source. Votre joie éclaire votre appel.
  • Décidez ce qu’il vous faut arrêter : j’ai à reconnaître que j’ai dans ma vie des attitudes, des habitudes (addictions…), des relations toxiques qui m’éloignent de moi, qui ne sont pas moi. Je vous invite à choisir très concrètement un de ces points et d’y mettre fin dès aujourd’hui.
  • Décidez ce que vous voulez démarrer : j’ai des intuitions, des idées, des projets, des désirs de vie qui frappent à la porte de mon cœur depuis longtemps peut-être. Je vous invite dès aujourd’hui à choisir un de ces désirs profonds et à lui donner vie.

Enfin, Benoit et moi avons créé le séminaire Cap sur ma Vie pour aider chacun à avancer sur ce chemin. Ce n’est qu’un moyen, il y en a tant d’autres. Je ne doute pas que si vous cherchez, vous trouverez.

En quoi cela va-t-il résoudre nos crises ?

Le monde est bien fait. Les dons et les aspirations profondes sont répartis entre nous de façon à ce que le tout fonctionne de façon harmonieuse lorsque chacun joue son rôle. Si chacun devient davantage lui-même et « le plus amour possible », si chacun se met au service d’un monde meilleur à partir de son identité profonde, tout se met en place de façon harmonieuse, comme les différentes pièces d’un puzzle ne forment plus qu’un tout harmonieux lorsque chaque pièce a pris sa place. Si de plus nous permettons aux autres d’être pleinement eux-mêmes, que nous leur laissons la place d’offrir leurs dons, leurs compétences, leur unicité, les crises disparaîtront.

Ce chemin est aussi le chemin du bonheur. Ni l’avoir, ni le pouvoir ne rendent heureux, c’est une évidence. Certains s’empresseront d’ajouter « mais ils y contribuent ». Personnellement, j’ajouterai à cet ajout « ou pas… ».  Il suffit de regarder autour de nous et en nous le nombre de riches et de puissants qui semblent bien loin du bonheur.

« Deviens qui tu es et fais ce que toi seul peux faire »

Nietzsche

Que votre vie soit belle,

Pierre

Photos : Tabea Jaichhalt, Ellen, Gerd Altmann

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