Être soi-même… une clé pour la performance et le bien-être

Sommes-nous nous-mêmes au boulot ? Ou sommes-nous comme ce salarié qui disait que chaque fois qu’il franchissait la porte de l’entreprise, il laissait derrière lui au moins la moitié de celui qu’il était. Ou comme cet autre qui me disait récemment qu’il s’interdisait de nouer des amitiés parmi ses collègues de travail. La clé d’un travail épanouissant et performant n’est-elle pas en grande partie là : que chacun le vive en étant pleinement lui-même, que chacun puisse accueillir l’autre tel qu’il est profondément, sans jugement ni critique, que chacun puisse donner sans crainte ce qu’il a de meilleur.

identité-Stefan Keller

Comment puis-je être heureux en n’étant pas celui que je suis ? Comment puis-je donner le meilleur de moi-même en n’étant pas moi-même ?

« Devenez qui vous êtes, car les autres possibilités sont déjà prises »

Milton Erickson

Toutes ces questions me paraissent essentielles tant pour les dirigeants que pour les salariés. J’invite les premiers à réfléchir comment créer un environnement de travail qui permette à chacun d’être soi-même et d’en être les gardiens, je propose aux seconds d’aborder le travail non plus comme une obligation, mais comme un lieu du don de soi et d’épanouissement.

Comment nos entreprises peuvent-elles être performantes si une partie des personnes qui viennent y travailler laissent chez elles une partie de ce qu’elles sont ?

Pourquoi ?

La première question à se poser en tant que dirigeant c’est pourquoi. Pourquoi certaines personnes décident consciemment ou non de venir masquées, amputées, réduites, en mode dégradé au bureau, à l’usine ?

La première raison est probablement le manque de ce que Google appelle la « sécurité psychologique » (voir l’article « Qu’est-ce qui rend une équipe vraiment efficace ? »). Si je ne me sens pas en sécurité dans un environnement donné, je ne vais pas me dévoiler de peur que l’on me fasse du mal. Je vais au contraire porter un masque, une cuirasse, une armure pour me protéger.

armure-Stadnik

Prête pour le boulot…

Ce masque limite ma visibilité, mon armure réduit fortement mon agilité, ma cuirasse alourdit mes mouvements, mais au moins je me sens en sécurité. Les causes de ce sentiment d’insécurité sont souvent liées à la culture de l’équipe dans laquelle je travaille ou de façon plus large, à la culture de l’entreprise, qui fait plus ou moins écho à mon vécu personnel en venant réveiller mes doutes, mes peurs, mes croyances limitantes.

Conséquences

Quand l’être humain ne se sent pas en sécurité, son cerveau reptilien, responsable de sa survie, va adopter une des trois seules réactions qu’il connaisse : la fuite, l’attaque ou l’inhibition. Ce sont bien les réactions que nous observons fréquemment dans le milieu du travail :

  • Fuite : fuite des responsabilités. Pour vivre heureux, vivons cachés…
  • Attaque : agressivité exacerbée. Comme je me sens en danger, j’attaque pour mieux me défendre.
  • Inhibition : je me suradapte à tout ce qui m’est demandé en essayant de disparaitre complètement dans le moule qui m’est proposé.

Les réunions sont souvent des manifestations exemplaires de ces trois attitudes : elles se transforment en champ de bataille pour ceux qui sont en mode attaque, chacun voulant imposer ses solutions et ses idées aux autres, certaines ne disent pas un mot ou ne viennent carrément pas trouvant de bonnes excuses (fuite) et d’autres enfin disent oui à tout ce qui leur est présenté (inhibition). Il faut souligner que notre cerveau reptilien fonctionne en mode automatique, de sorte que dans la plupart des cas cette pièce se déroule sans que les acteurs n’aient conscience du rôle qu’ils jouent.

Une chose est sure : ce mode de fonctionnement limite autant la performance que le bien-être au sein de l’entreprise. Quand nous sommes en mode « reptilien », nos capacités de réflexion, d’innovation, de relation sont coupées ou du moins très fortement limitées. Or, ce sont précisément ces capacités que l’entreprise a le plus besoin pour être performante.

Que faire ?

Pour libérer la créativité, l’intelligence émotionnelle, la capacité à prendre de la hauteur, l’audace… il faut que chacun se sente en sécurité dans son environnement de travail. La culture de l’entreprise est le cœur de ce bien-être. Elle permettra à chacun de laisser tomber masques, armures et cuirasses pour offrir ce qu’il est. Or la culture s’incarne dans nos attitudes, nos habitudes, nos rituels, nos réactions, notre façon d’aborder la vie dans l’entreprise.

D’une culture menaçante… à une culture sécurisante
Moqueries lorsque quelqu’un pose des questions, propose des idées… => Les questions et les idées de chacun sont accueillies avec bienveillance. Il n’y a pas de questions idiotes.
Compétition interne au niveau personnel et culture de clans. => Nous mettons notre énergie au service de la raison d’être de l’entreprise, plutôt que d’essayer de prendre ou de conserver la « meilleure » place.
Jeux de pouvoir. => Les dirigeants et managers sont au service de leurs équipes afin qu’elles disposent de tout ce dont elles ont besoin pour servir au mieux  les clients.
Obscurité. Chacun ne doit savoir que ce que son manager estime nécessaire pour la réalisation de son travail. => Toutes les informations clés, les bonnes et les mauvaises nouvelles sont partagées. Rien n’est caché.
Manipulations. => Les besoins et intentions de chacun sont explicitées afin que chacun puisse en tenir compte et comprendre le pourquoi des actions et réactions.
Jugement. => Personne n’est jugé. Nous partons des faits objectifs, exprimons notre ressenti et nos besoins pour trouver ensemble des solutions qui respectent chacun.
Chacun pour soi. => Entraide.
Critique. => Reconnaissance et feedback bienveillant et constructif.
Inégalité. => Egalité, respect mutuel.
Stigmatisation de l’échec. => Quand quelqu’un tombe toute l’équipe est là pour le relever sans jugement. L’échec est l’occasion d’apprendre pour aller plus loin, c’est une école de vie. L’échec est une opportunité.

Si je reconnais davantage mon entreprise ou mon équipe dans la colonne de gauche, la culture de celle-ci ne permet pas l’épanouissement de chacun, donc son bien-être et donc son efficience. Changer une culture d’équipe ou d’entreprise est possible. Cela prend du temps, mais c’est possible. Une culture plus ou moins toxique (qui rend les collaborateurs malades et diminue leurs capacités) n’est pas une fatalité. A vous de décider si vous voulez en sortir.

Plusieurs situations sont à distinguer. Pour chacune je vous propose un chemin et aussi un de mes services. J’espère que vous me pardonnerez ce petit coup de pub dans ce qui est normalement uniquement un article de fond.

Vous dirigez votre entreprise…

La culture de votre entreprise n’est pas tout à fait celle de la colonne de gauche, mais vous sentez-bien qu’elle n’est pas encore une culture du bien-être. La créativité, la prise d’initiative et de responsabilités ne sont pas au niveau requis. Appelez un coach pour vous aider à prendre de la hauteur par rapport à votre ressenti et vos observations. Il vous aidera à trouver les prochains pas pour faire évoluer votre entreprise. Si vous ne connaissez pas de coach, répondez simplement à ce mail, ce type de mission fait partie du cœur de ce que j’apporte aux entreprises.

Vous dirigez une équipe…

L’atmosphère dans votre équipe est plutôt tendue et compétitive. L’entraide n’est pas assez au rendez-vous selon vos critères. Certaines réactions sont carrément agressives. Certains montrent des signes de lassitude, de perte d’énergie et la performance est moyenne. Si vous le souhaitez, vous pouvez faire évoluer la culture de votre équipe. Ici aussi de nombreux coachs proposent du coaching d’équipe qui permet réellement d’avancer. Chez Effata nous mettons actuellement sur pied « Les ateliers d’Aristote » inspirés du projet Aristote mené par Google en 2012 afin de déterminer pourquoi certaines de leurs équipes sont si efficaces (voir une synthèse de cette étude sur « Qu’est-ce qui rend une équipe vraiment efficace ? »). Les ateliers d’Aristote proposent à partir des conclusions des recherches menées par Google un programme pour booster le bien-être et la performance des équipes en faisant évoluer leur culture. Si vous êtes intéressé par ce programme, répondez à ce mail.

Votre travail actuel ne vous permet plus de vous épanouir, votre énergie est en baisse

Si vous avez de plus en plus l’impression que votre travail actuel ne vous convient plus, soit que votre entreprise ou votre équipe soit toxique pour vous, il est temps d’envisager autre chose. Si vous avez des leviers en main pour changer ce qui ne vous convient pas, utiliser les. Mais si ce changement ne dépend pas de vous, n’attendez pas que le burnout débranche la prise, soyez proactif et prenez votre vie en main. La vie a des quantités d’opportunités à vous proposer. Si vous ne voyez pas clair ou avez besoin d’accompagnement, un coach peut vous aider. Jetez aussi un coup d’œil au séminaire Cap sur ma Vie proposé par Effata. Ces trois journées ont déjà permis à des dizaines de participants de repartir du bon pied et de retrouver l’énergie pour se remettre en route sur le chemin de la vie.

Un outil pour aller plus loin : test du risque de burnout

Une des conséquences du malaise dans les entreprises est le burnout. Récemment j’ai entendu parler d’un test gratuit pour mesurer le risque du burnout. Outre le résultat qui pourrait nous mettre en garde afin que nous réagissions, je trouve que les questions posées sont également éclairantes sur tout ce qui favorise le burnout.

Vous trouverez ce test en suivant le lien : https://testmyburnout.com. Il existe probablement bon nombre d’autres tests. Si vous en connaissez qui vous ont aidé, n’hésitez pas à les indiquer dans les commentaires au bas de cet article.

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Que votre vie soit belle,

Pierre

Photos dans l’ordre d’apparition : Sandie Posar, Stefan Keller, Stadnik, Fernando Ribas

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