Le truc le plus simple pour arrêter de faire du surplace

Parmi les dirigeants d’entreprises, il y a ceux qui ronronnent et ceux qui cartonnent. La question que tout un chacun peut dès lors se poser : qu’est-ce qui fait que l’entreprise du premier a tendance à végéter alors que celle du second ne cesse de prendre de l’altitude ? La réponse se trouve probablement dans la citation suivante :

« Un con qui avance va toujours plus vite que dix intellectuels assis »

Jean-François Zobrist

Ronronner…

Idéalement, pour avancer, nous voudrions disposer d’un plan clair et précis. Nous attendons de ce plan qu’il nous montre comment à partir de la situation actuelle que nous connaissons bien et que nous contrôlons plus ou moins, nous arriverons sain et sauf à la destination que nous nous sommes fixés. Nous cherchons la sécurité, le contrôle par peur de l’échec, par peur de l’inconnu.

Il y a quelques décennies, lorsque le monde économique était cyclique (une crise à peu près tous les 7 ans), il était possible de déterminer des business plans relativement précis qui permettaient de contrôler au mieux les risques ou au moins, d’avoir l’impression de les contrôler. Aujourd’hui, cette époque est révolue, certains diront que l’économie n’est plus cyclique, mais chaotique, les dépressifs disent que la crise est permanente. Personnellement, j’aime à penser que le changement est devenu la norme, ce qui rend toute plannification dans le temps tout à fait hasardeuse et donc inutile. Devant cette situation, beaucoup d’entrepreneurs n’osent plus avancer, ils se creusent la tête pour trouver le plan, la bonne idée, la stratégie qui leur permettra de faire décoler leur entreprise et pour ce faire ils restent…assis. Non seulement il ne trouvent pas le plan, mais, étant assis, il se sentent de plus en plus menacés par la mer agitée qui les entoure et la taille grandissante des vagues qu’ils observent de loin.

Ceux là ronronnent jusqu’à ce qu’une vague, un jour, les emporte.

Ou cartonner

Les entrepreneurs qui cartonnent ont d’abord un rêve, un sens, une mission qui agit comme une centrale nucléaire et leur fourni de l’énergie  à revendre. Ils vivent dans le même monde que les « ronrons » et ne sont donc pas plus en mesure que ceux-ci de construire des plans qui tiennent la route. A l’inverse des premiers, ils ne restent pas assis, mais se mettent en route un pas à la fois. Où peuvent-ils aller s’ils n’ont pas de plan ? Pour eux ce qui les guide, leur étoile, c’est leur rêve. Ils font donc un pas dans la direction de leur rêve. Un pas à la fois. Pas nécessairement un grand pas ni un bond, peut-être juste un petit pas. A partir de cette nouvelle position, ils découvrent de nouveaux horizons qui leur permettent de décider si la direction est bonne ou s’il faut rectifier le cap. Ils sont donc en mesure de faire le pas suivant. De pas en pas, petit ou grand, en fonction des vents contraires ou favorables, de l’apparition d’une grande vague sur laquelle ils se mettent à surfer, d’un courant qui les emmène dans son sillage, ils avancent en gardant toujours et sans cesse leur cap, leur rêve.

A ce rythme, après quelques mois, ils se retournent et peuvent apprécier la distance parcourue et voir au loin, si c’est encore possible, les « ronronneurs » , assis, en pleine réflexion.

Un pas à la fois

Vous ne trouvez pas la solution miracle, le plan infaillible qui va faire de votre entreprise un nouveau Facebook, Uber, Tesla ou Effata ;), c’est normal. Si ce plan existait, il serait disponible sur Google… Si vous n’avez pas encore clairement défini la mission, la raison d’être de votre entreprise, votre rêve, faites-le. Si c’est fait, vous avez la direction. Alors maintenant faites un pas. Dans quelle direction ? Dans celle que vous dictera votre expérience, votre connaissance, votre rêve bien sûr et surtout faites confiance à votre intuition. N’attendez pas, avancez. Et si vous vous trompez de direction ? Ce n’est pas grave, ce n’est qu’un pas : comme vous n’avez pas de plan, vous voyagez léger. Changez de direction et faites un nouveau pas. De pas en pas, vous franchirez des montagnes.

Le truc le plus simple pour arrêter de faire du surplace… c’est de faire un pas en avant !

L’outil pour avancer : l’échec

Je compare souvent la vie à un escalier que nous gravissons pas à pas. Dans cette ascension, un échec est comme une chute. Quand je tombe, si je reste par terre, c’est fini. Par contre si je me relève, que j’analyse et m’enrichis de ce qui s’est passé pour ensuite me remettre en route plus fort de l’expérience que je viens de vivre, j’emprunte l’ascenseur : l’échec est un ascenseur, c’est un outil extraordinaire pour aller plus vite.

Thomas Edison, l’inventeur de l’ampoule électrique, a fait des centaines de tentatives avant d’en créer une qui fonctionnait. A propos de ces innombrables essais « ratés », il avait l’habitude de dire :

« Je n’ai pas échoué, j’ai simplement trouvé 10.000 solutions qui ne fonctionnent pas »

Thomas Edison

Cessons de voir nos échecs et aussi ceux de nos collaborateurs comme des ratés, mais transformons-les en apprentissages réussis et prenons l’ascenseur vers le sommet.

Les américains ont la réputation d’être plus entreprenants que nous. Cette attitude s’explique surtout par leur relation à l’échec : d’après un rapport du Global Entrepreneurship Monitor, 49.4% des belges et 43% des français ont peur de l’échec, aux USA ce chiffre est de 29.66%.

BlaBlaCar a fait de l’audace une de ses valeurs. La phrase qui explicite cette valeur est :

« Echoue, apprends, réussis »

Comme tous les grands entrepreneurs, construisez votre réussite d’échecs en échecs.

PS : vous voulez muscler votre audace et apprivoiser l’échec pour en faire votre réussite ? Inscrivez-vous au séminaire « J’ose ! » organisé ce 20 mai 2017.

Deux liens pour aller plus loin : « Il faut apprendre à célébrer l’échec »

Dans cette interview du journal Le Monde, Dorian Olmedo, cofondateur de la start-up Oranges & Co, nous explique ce que ces échecs lui ont appris et comment, grâce à eux, il a trouvé sa voie.

“les échecs académiques et professionnels s’avèrent souvent plus formateurs que les succès”

Dorian Almedo

Lien vers l’article : http://www.lemonde.fr/o21/article/2017/02/11/o21-il-faut-apprendre-a-celebrer-l-echec_5078249_5014018.html  (français, court)

Dans une agence de publicité au Canada, une entreprise de 400 personnes, tous les mois les échecs sont célébrés lors d’une petit déjeuner où toute l’entreprise est présente. Ceux qui présentent leurs échecs sont vus littéralement comme les héros du jour. Patrick Baudouin nous raconte.

Lien vers la vidéo de l’interview de Patrick Baudouin : https://www.youtube.com/watch?v=Qnk_9cP3oP0 (français, 6.30min)

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A bientôt,
Pierre de Lovinfosse

Photos: unsplash

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